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Les gisants

2013

Ce travail a été réalisé entre mars 2013 février 2014 dans les locaux du Refuge, plus grand centre d’hébergement d’urgence de France (400 lits), situé à Paris.

Le nombre de sans-domicile a augmenté de 50% depuis 2001, atteignant le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012. Insee, 2013.
Cette explosion démographique est le résultat de la crise économique couplée à la flambée des prix de l’immobilier dans les années 2000. Pour les associations de défense des mal-logés et des sans-abri, elle illustre aussi l’inefficacité de la gestion saisonnière du problème sans politique sur le long terme.
Même si l’Etat a fait un effort en ouvrant des places supplémentaires, le dispositif d’accueil d’urgence reste saturé à cause de l’explosion de la demande. Deux tiers des appels au 115 (samu social) restent sans réponse.
La logique des plans hiver maintient les sans-abri dans un système de portes tournantes et d’hébergement de courte durée sans perspective d’accès au logement, Dans ce système, toujours en œuvre dans un grand nombre de territoires, les personnes sont abandonnées dès la remontée des températures.

Le gisant est une sculpture funéraire de l’art chrétien médiéval représentant un personnage couché généralement à plat-dos. (Le mot « gisant » vient de gésir « être allongé »).
Sa symbolique première est surtout religieuse. La représentation du défunt le place dans une sorte de mode transitoire, ni mort ni vivant, mais irrémédiablement tourné vers le ciel. Le gisant recouvre également une symbolique liée au pouvoir, ces effigies sont réalisées pour des rois, des reines, des membres de familles royales ou de grands serviteurs du royaume.
L’objectif de ces statues est, à l’origine, de rappeler le défunt au souvenir des vivants.

Ce travail a reçu le prix Roger Pic 2016.